Trier par:
Le photographe Patrick H. Müller nous donne à voir, des céramiques diverses dont ses toutes dernières œuvres ainsi que l’univers singulier de l’atelier qu’il avait installé dans l’ancienne gare de Dry avec, à l’extérieur, ses fours, sa réserve de bois, son moulin…
L’artiste privilégie les tonalités naturelles de l’argile, la pureté du blanc et du noir ; ses œuvres ont une qualité graphique, quasi-picturale, qui n’est pas sans rappeler les natures-mortes ou les paysages des Flandres, terre d’origine de Virginie Besengez, mais également les peintures à l’encre extrême-orientales. Virginie Besengez est en effet attentive à l’espace, aux rapports d’équilibre, au souffle vital. Son style minimaliste peut sembler austère, mais il témoigne en réalité d’une grande générosité, d’une ouverture d’esprit et de cœur envers les autres formes de création, et plus généralement envers la vie.
L'artiste modèle le grès au colombin, l'étirant jusqu'à la finesse du papier, qu'elle revêt d'un émail patiné. Dans la tranquillité de son atelier charentais, elle réalise patiemment des pièces uniques qu'elle expose chez McKenzie Fine Art à New York et à la Galerie Pierre à Paris
Artiste complet et figure indépendante, il se distingue par des formes emblématiques de poteries en grès et en porcelaine, une subtile gamme colorée d'émaux monochromes et la modernité de décors graphiques légers et libres, ainsi que par un important ensemble de sculptures abstraites en grès.
Après la rétrospective présentée au musée de Céramique de Sèvres en 2001, Robert Deblander est revenu aux formes sculpturales qui l'avaient passionné dans les années 1970, et qu'il avait poursuivies silencieusement, évoluant pour s'affirmer à présent. Des illustrations inédites de céramiques anciennes et récentes complètent cette nouvelle édition.
Chawanya est le livre d’un potier « auteur de chawans » (chawanya), qui a consacré sa vie à faire des bols à thé, parce qu’il était né dans une famille dont c’était la charge, la famille Raku, et parce qu’il l’avait choisi lui-même.
Quatre cents ans ont passé, quinze générations se sont succédées depuis la création du premier bol raku par Chôjiro, le fondateur de la lignée, à la fin du XVe siècle. Il marquait l’apparition d’une nouvelle céramique à Kyoto.
Les Editions Ateliers d’Art de France éditent la version franco-japonaise de ce livre exceptionnel. Témoignage inédit, il s’agit aussi d’un travail littéraire : à chaque bol présenté est associé un texte, un poème.
On pressent déjà qu’en ce livre réside la somme de l’existence de son auteur, Raku Kichizaemon, XVe maître de la dynastie des potiers Raku, et des siècles qui l’ont préparé.
Non seulement ce livre est d’une grande beauté, dans le dépouillement et la douceur de sa forme, qui reflète la simplicité éclose dans le cœur de l’auteur, mais il se tient précisément au cœur de la communauté des professionnels des métiers d’art en France. Il est au centre des valeurs que portent les ateliers d’art.
Il décrit l’Histoire universelle de l’humanité dans la forme immobile d’un bol à thé. Il écoute les confidences murmurées en secret entre l’art céramique et la poésie. Il raconte les rencontres entre les cultures, par-delà l’Orient et l’Occident, et les cycles incessants des saisons.
Son auteur se présente à nous, il se nomme chawanya, celui qui fait les bols à thé
Formé pendant trois ans dans l’atelier du Cheval à l’Envers auprès d’Akira Tanimoto, potier japonais venu à Paris, il y enseigne une décennie, avant d’installer son atelier en 1988 en Eure-et-Loir. Il se concentre dès lors sur son travail, exposant régulièrement. Captivé par le grès émaillé, il trouve dans le maniement des émaux au pinceau et l’adoption de la paraffine en réserve, une manière qui n’appartient qu’à lui. Il joue de superpositions raffinées et complexes qui l’ont conduit d’une écriture calligraphique extrême-orientale à des motifs rythmiques qu’il pose sur des formes construites à la plaque. Ce décor mosaïqué reflète les cultures qu’il aime : chromatisme tibétain ou textiles Kuba. Il s’est forgé une palette de glaçures somptueuses qui comble son envie de peintre. Son œuvre, comme unifiée par sa passion pour toutes les musiques du monde, aboutit à un syncrétisme personnel.
Philip et Monica nous invitent dans l’intimité de leur célèbre atelier parisien installé au Viaduc des Arts à Paris. Avec Thierry de Beaumont, auteur et journaliste, embarquons dans leur arche de verre pour assister à une représentation théâtrale inédite, rythmée par le défi technique imposé par leurs exigences esthétiques. Une pièce intimiste en cinq actes où le couple révèle pour la première fois les dessous d’un parcours artistique marqué par les doutes, les succès et une incroyable énergie défiant les limites du verre à chaque instant. Alors que martèle le battuto, le rideau se lève sur le duo qui s’apprête à conquérir une fois de plus le monde à bord d’une armada hyaline chargée de talent et de créativité.
Silence, le voyage commence…
Ses sculptures miniatures sont le fruit d’inspirations diverses, du verre vénitien traditionnel aux expérimentations libres des artistes du Studio Glass Movement. Son parcours personnel l’a conduit à métisser sa culture japonaise, fondée sur la contemplation et la précision, à celle, baroque et décorative, du monde occidental. Une synthèse réussie qui permet au verre de parler un nouveau langage, accessible à tous publics.
C’est à Biot, village méditerranéen de tradition potière, qu’il a appris son métier, puis il a travaillé dans différents ateliers comme ouvrier tourneur, avant de s’installer à son compte dans les années 1970.
S’intéressant au grès et aux émaux de hautes températures comme beaucoup de potiers à cette époque, il a eu le courage d’écouter ses envies pour trouver sa propre voie. Dans son intimité avec la terre, guidé par le plaisir de créer et par l’amour de la peinture qui l’a toujours habité, il est parvenu à exprimer pleinement sa personnalité. L’œuvre originale et forte qu’il a réalisée dans la dernière partie de sa carrière, à partir de la fin des années 1980, en témoigne. Elle résonne aujourd’hui en accord profond avec l’homme qu’il fut, haute en couleurs, libre, parfois déconcertante, toujours authentique
Dans un constant aller-retour entre forme et couleur, il a progressivement enrichi sa palette, dont dernièrement un jaune citron rare. Né en 1955, Marc Uzan garde intacte la fascination de sa jeunesse pour le tournage et les glaçures céramiques. Céramiste et chercheur, il crée ses pâtes de grès et de porcelaine et poursuit ses essais d’émaux, selon une méthode personnelle qu’il a transmise dans un livre publié en 2002. Depuis peu, il laisse place à des formes plus expérimentales
et partage son activité entre déclinaison de formes tournées d’une somptueuse sobriété et novation de formes modelées, roulées ou coulées, fragiles ou massives. Par un registre amplifié, Marc Uzan révèle deux facettes contrastées de son art.
Lucie Rie (1902-1995) est avec Hans Coper, au premier rang des artistes céramistes du XXe siècle, figures de proue de ce nouvel art céramique qui s’est affranchi de la tradition. Installée dans le petit atelier d’Albion Mews – devenu célèbre – près de Hyde Park à Londres, elle travaillera de 1939 et jusqu’en 1990. Elle produit de la porcelaine dès 1949 et reste fidèle au tour et au four électrique.
Elle réinvente des techniques simples – le sgraffito et le nériage – qu’elle pousse jusqu’à l’excellence.
À La Borne, où elle trouve définitivement sa matière, le grès cuit en grand feu, elle découvre l’art populaire puis l’art roman. Installée à Bourges avec son mari le sculpteur Jean Lerat, elle explore dès les années 1960, une voie ouvrant l’art céramique à une modernité qu’elle suit avec intérêt dans les autres domaines artistiques.
Dans les années 1990, il trouve en Hélène Aziza, collectionneuse et mécène atypique, un soutien indéfectible qui lui permet de se faire connaître à Paris. Il imprime sa marque distinctive sur des blocs coniques sombres et cendrés ou d’une blancheur crayeuse, sans oublier les humbles objets du quotidien à la source de sa vocation. Cette première monographie révèle des œuvres – torses, lacs, pieds d’éléphants, menhirs… –, directement engendrées par le geste d’Hervé Rousseau qui empoigne la terre avec tout son corps et qui ont la force de la nature.
Une écriture immédiatement reconnaissable, faite de rythmes et de vibrations, de jeux de lumières et d’ombres. Dans ces pages, des instants d’atelier voisinent avec des morceaux choisis de ses écrits pour rendre compte des moments de labeur, de pesanteur mais aussi d’élévation. Dans son œuvre, son amour de la nature se conjugue avec sa foi chrétienne dans la recherche de la Beauté. Au seuil de ses quatre-vingts ans, Henri Guérin n’a pas relâché son activité créatrice dans son atelier de Plaisance-du-Touch où il a composé de très nombreux vitraux pour des édifices religieux ou civils et des demeures privées, en France comme à l’étranger.
Le céramiste unit l'esprit et la matière, avec laquelle il élabore l'œuvre de ses mains en une technique savante.
Hélène Morbu fait partie de cette chaîne ininterrompue d'artistes passionnés, amoureux de ce travail créatif et patient par lequel s'exprime leur imagination. Elle questionne inlassablement la matière, en découvre les multiples possibilités, la plasticité. Elle sculpte, décore, géométrise l'argile à la façon antique et contemporaine, selon son langage personnel, à la fois intime, codé et spontané, forgé par l'expérience.
Par ses œuvres, Hélène Morbu invente un univers où les objets, usuels ou non, procurent l'émerveillement par l'invention de leurs formes, la délicatesse des couleurs. Telle est la magie de la terre.
Hans Cooper:
Cette biographie documentée écrite avec sobriété donne des éléments d’appréciation sur l’homme, son tempérament et ses méthodes de travail. Hans Coper eut une grande influence sur la céramique anglaise dès les années cinquante par ses expositions mais aussi par son talent de pédagogue qu’il exerça au Royal College of Art à Londres et qui marqua une génération d’étudiants.
Né en 1950 à Mexico, Gustavo Pérez a consacré quarante ans de carrière au grès. Il partage actuellement son temps entre son atelier de Zoncuantla au Mexique et celui de Brigitte Pénicaud en France, où il aborde le four à bois mais privilégie toujours le travail au tour.
Il dessine abondamment, tourne des milliers de petits vases en porcelaine, moule, coule des multitudes de boulons ou d’écrous qu’il assemble, transforme, ne s’interdisant aucune voie, aucune technique. Il passe ainsi de la sculpture au contenant, de l’installation à l’objet pur au gré de ses inspirations. Sa résidence à la Manufacture de Sèvres a révélé un engagement, un talent et une personnalité uniques entièrement dédiés à son art.
Elle a ainsi construit une œuvre céramique dont chaque étape porte le germe d’une découverte ultérieure, dans un mouvement allant du contenant à la sculpture. La diversité des avancées successives n’empêche pas la cohérence d’une écriture au fil conducteur toujours identifiable : une palette de gris subtils, du plus laiteux au plus sombre, où se fondent parfois jaunes, verts ou roses, habille et révèle des formes marquées par la présence du corps, dans un accord servant l’intention initiale. Amoureuse de l’émail, mais nourrie à la source des arts premiers, Gisèle Buthod-Garçon crée des pièces d’un raffinement sensuel même sur les surfaces brutes. Son dernier travail, présenté au Musée La Piscine de Roubaix, est l’expression d’une sensibilité exigeante qui conjugue ici de façon accomplie ses qualités de présence, de liberté et d’équilibre.
Cette monographie évoque pour la première fois le travail de Frank Steyaert dans son ensemble, le contexte architectural dans lequel il s’est épanoui ainsi que sa propre collection de céramique ancienne et contemporaine.
Hans Cooper:
Cette biographie documentée écrite avec sobriété donne des éléments d’appréciation sur l’homme, son tempérament et ses méthodes de travail. Hans Coper eut une grande influence sur la céramique anglaise dès les années cinquante par ses expositions mais aussi par son talent de pédagogue qu’il exerça au Royal College of Art à Londres et qui marqua une génération d’étudiants.
Lucie Rie :
Lucie Rie (1902-1995) est avec Hans Coper, au premier rang des artistes céramistes du XXe siècle, figures de proue de ce nouvel
art céramique qui s’est affranchi de la tradition. Installée dans le petit atelier d’Albion Mews – devenu célèbre – près de Hyde Park
à Londres, elle travaillera de 1939 et jusqu’en 1990. Elle produit de la porcelaine dès 1949 et reste fidèle au tour et au four électrique.
Elle réinvente des techniques simples – le sgraffito et le nériage – qu’elle pousse jusqu’à l’excellence.
Sous la direction de Jean-Roch Bouiller, jeune conservateur chargé de la céramique contemporaine à Sèvres, ce premier catalogue rétrospectif sur la carrière de Claude Champy fait écho à l’exposition organisée à Sèvres – Cité de la céramique. Il retrace le parcours depuis les années 1970 d’un des céramistes français les plus admirés par ses pairs, par les collectionneurs et à l’échelle internationale, principalement illustré par les photographies de sa fille, Cécile Champy. Contributions de Jaen-Roch Bouiller, Christine Shimizu et Christian Garcelon.
Elle développe avec audace son propre vocabulaire plastique, disant avec la terre ce que cachent
les mots. De la première boîte jusqu’aux grandes urnes actuelles, en passant par les écritoires ou les fauteuils trônes, Christine Fabre réalise des « objets rêvés », réceptacles de pensées et d’émotions à la fois secrètes et universelles. Une forte charge symbolique les rattache aux cultures archaïques anciennes par-delà le temps et l’espace. Ils naissent d’un processus apparenté au « raku » qui, par les chocs thermiques, génère des craquelures, lui offrant une palette de couleurs délicatement lustrées. Très tôt, elle associe l’argile à diverses matières naturelles qu’elle collecte. Et dans les années 2000, toujours encouragée par la Galerie Capazza, Christine Fabre unit terre et bronze, s’impliquant dans la ciselure et la patine, et nous offrant avec la récente série des Canopes, une œuvre méditative.
L’exposition proposée à Charles Hair par la Compagnie de la Chine et des Indes à Paris marque sans doute un moment privilégié dans le parcours de cet artiste. Plus d’une centaine de céramiques réalisées à cette occasion entre 2006 et 2007 ont été photographiées dans l’atelier de l’artiste dont la photographe Gaëtane Fiona Girard a saisi l’atmosphère particulière de cette période de création intense.
Renonçant au barolet au profit de ses pinceaux elle orne ses pièces en virtuose de l’équilibre et de la juste tension entre densité et graphisme aérien. Fascinée par la céramique de l’Asie centrale, terre de ses lointains ancêtres, elle a récemment mis au point une matière blanche satinée qui reçoit bien son décor. Dans sa palette modifiée, domine maintenant un brun foncé chaleureux qu’éclairent quelques touches légères de bleu ou de vert. Loin de toute tradition populaire, ses décors, jamais descriptifs, sont traversés par le souvenir des signes de force et de grâce que ses yeux émerveillés ont recueillis dans la nature.
De recherches de textures en expérimentations d'assemblages, scandées par les rituels d'humbles gestes quotidiens de récolte, de modelage et de tissage, ont émergé sous ses doigts d'étranges sculptures protéiformes, tout à la fois visuelles, tactiles et sonores, créant une écriture unique mêlant l'articulation à l'accumulation. Bénédicte Vallet aime à façonner et tisser les mondes. Habitée par la quête des origines, de ces temps où l'humain et la nature coexistaient en harmonie, elle déploie toute une archéologie de l'imaginaire, accumulant les éléments comme autant de poèmes, d'offrandes, d'utopies.
Il n’établissait aucune hiérarchie entre les deux aspects de son activité, celui de potier et celui de sculpteur. Cela faisait partie de sa philosophie de la vie et de son ascèse personnelle, et c’est pourquoi son œuvre, représentée ici pour la première fois dans son ensemble, offre une aussi grande et riche diversité. »
Entre force et finesse, ses grès massifs de grandes dimensions et ses délicats bols de porcelaine révèlent les deux pôles du travail de cette grande céramiste. Dans la traversée de son existence, la céramique a été un axe de vie et de vitalité tout autant qu’une recherche esthétique. Le plaisir et l’énergie qu’elle a trouvés dans la pratique de cette activité créatrice, elle l’a transmis à ses nombreux élèves. En 1979, elle a publié Comme l’argile dans la main du potier, l’un des rares ouvrages alors disponibles en français sur son métier, nourri de sa double expérience de potière et de pédagogue. À 80 ans passés, son regard demeure riche d’interrogations plus que de certitudes et elle continue à enrichir son univers poétique de nouvelles formes vivantes et expressives.
Jean Girel, céramiste, y trace le portrait de son frère Alain : un artiste libre, un « classique du baroque », dont les œuvres ont fasciné de grands créateurs et des amateurs audacieux. Retraçant les grands moments de sa carrière, il montre comment l’univers d’Alain Girel s’est construit. Gérard Gay-Barbier pose un regard de poète sur l’œuvre dont il égrène les « petites musiques » : putti, baroque, Toscanes, cyprès, empreintes, nuages, rondeurs, naissance… Atypique et pionnier dans son œuvre personnelle, Alain Girel l’était aussi dans son engagement pour la défense des métiers d’art : Danielle Le Goff témoigne ici de son investissement.
Depuis 2005, dans son nouvel atelier en Touraine, elle ouvre le volume à la ligne, au mouvement, au rythme. Elle invente, en recourant désormais au grès engobé, un langage proprement céramique, à la croisée d’autres domaines comme ceux de l’expression dansée et de la parole. Ce livre raconte l’histoire de ce tournant dont les Buissons constituent sans doute un sommet. Artiste exigeante, Agnès His est emblématique de l’évolution actuelle de la céramique française qui s’émancipe de la tradition à partir du désir et de l’expérience de l’argile, de l’imaginaire du toucher, de la conscience du corps et de l’espace.
En plus de trente ans, elle a écrit une fable de terre aux sujets surprenants. Des créatures fantastiques, des arbres et des racines, des conques et des entrelacs, des cheminées constellées de trous forment une troupe protéiforme qu’elle installe, parfois, dans des sites chargés d’histoire. Et par ses mains, la boue devient or.
